Crue de la Seine à Paris : les effets du changement climatique

Janvier 2018 a marqué l'anniversaire de la "Grande Inondation de Paris" de 1910, l'une des pires catastrophes naturelles de la ville. La Seine s'est élevée de près de 8 mètres, causant 1,2 milliard d'euros de dégâts, transformant la ville en Venise française et forçant des milliers de personnes à évacuer les rues transformées en canaux détruisant les infrastructures de base. La capitale française n'était pas préparée pour faire face à une telle catastrophe qui dura deux mois. L'important réaménagement urbain, la croissance démographique et les nouvelles constructions sont quelques-uns des éléments qui ont rendu les inondations du siècle dernier si désastreuses, et bien que la ville ait mis en place des mesures préventives au cours des années qui ont suivi, il pourrait y avoir un nouveau coupable derrière la plus récente série d'inondations : le changement climatique.


La maîtrise du climat grâce à des stratégies de développement urbain intelligentes

Paris a appris quelque chose des inondations de 1910. Son réseau d'égouts, construit quelques décennies auparavant, a fait remonter l'eau dans les rues, les maisons et les sous-sols, et lorsque les résidents ont essayé de boucher ces égouts et de refouler l'eau, une plus grande quantité d'eau a fini par inonder leurs maisons. Le drainage est un facteur que les urbanistes doivent prendre en compte lorsqu'il s'agit de contrôler les inondations, car le développement urbain implique généralement la construction de villes avec des matériaux non poreux (tels que l'asphalte), de sorte que l'eau coule dans les rues sans être absorbée par le sol. En 2016, lors d'une période de trois jours de fortes pluies, les barrages parisiens étaient déjà à 95 % de leur capacité. Au fur et à mesure que l’eau montait, les niveaux du fleuve étaient si élevés sous les ponts que la ville a dû fermer les quais de Seine à la circulation et des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées à travers le pays alors que les rues de Paris ressemblaient à Venise. Selon une analyse d'un groupe de scientifiques de l'agence météorologique néerlandaise et de l'Université d'Oxford, « le risque d'inondation à Paris a été presque doublé, multiplié par un facteur de 1,8, par l'influence de l'humanité sur le climat ». Ainsi, un événement qui se produisait une fois tous les 200 ans devient un événement qui se produit une fois tous les 100 ans. Des recherches ont également montré une corrélation entre le changement climatique et les vagues de chaleur en Europe, ainsi que les inondations dans les comtés anglais comme ceux de Cumbria et du Yorkshire.

Après le nouveau débordement de la Seine il y a quelques semaines, avec une montée d'eau de près de 6 mètres, les chercheurs vantent l'importance de réduire les émissions de gaz à effet de serre pour diminuer l'impact des sécheresses et des inondations. Paris a déjà réalisé un progrès significatif dans ce domaine, en réduisant ses émissions de 9,2 % avec un plan visant à devenir un territoire neutre en carbone d'ici 2050, selon le Plan d'action climat, air et énergie de Paris. Avec des projets d'aménagement urbain tels que la rénovation thermique des logements sociaux et l'utilisation de 50 % des énergies renouvelables et récupérées dans le chauffage urbain, Paris est en tête de classement dans la promotion de solutions durables pour lutter contre le changement climatique et atténuer les effets des catastrophes naturelles.